vendredi 27 novembre 2009

Mercis du vendredi


J'aime bien prendre du temps pour apprécier.
La "mode" du gratitude friday sur la blogosphère est une belle idée. Ça permet d'échanger des ondes positives en quelque sorte.

Donc rapidement, à la fin de cette semaine de c..., voici mes remerciements à la Vie.


  • Merci à ce couple mercredi, qui s'est informé de moi quand je me suis retrouvée sur le trottoir après notre épisode "vade retro à l'hosto" du billet précédent. Qui a démontré de l'empathie, qui m'a souhaité bonne chance, qui m'a dit comme tu étais belle. Un couple, qui n'a pas eu la chance de concevoir un enfant et dont le monsieur est maitenant en chaise roulante.
  • Au vendeur de l'Itinéraire devant Renaud-Bray, qui m'en a donné un exemplaire alors que je lui demandais s'ils acceptaient les petits dons, puisque pour une rare fois, je n'avais pas mon 2$ en poche. Avec le sourire et je dirais, en appréciant mon désir d'offrir.
  • À ton père, qui m'a aidé à évacuer de la pression, sans toujours le savoir (bon il sait aussi m'en mettre mais on est là pour dire merci lol)
  • À Frérot, qui tente de communiquer plus avec moi, qui fait de gros efforts pour faire plaisir et qui a eu le "courage" de me demander un câlin ( à 13 ans, ça peut demander du courage selon moi).
  • À mon dos, qui va pas mal mieux depuis hier.
  • Aux trois gentilles personnes qui ont adopté trois des cinq chatons que nous avons à placer" et qui vont, j'en suis plus que sure, en prendre soin. Ça se sent.
  • Pour le rendez-vous en pédo-psychiatrie pour Frérot que nous attendions depuis des lustres et qui vient d'être fixé pour lundi prochain. Ce qui tombe bien car Frérot trouve que sa médication n'est plus très efficace, entre autres.
  • Pour le shish taouk que je m'en vais manger ce soir avant de faire quelques courses ( désolée pour la journée sans achat, c'est ce soir qu'on doit sortir - afin de ramener Frérot qui est avec des amis).
  • À toi et à Soeurette, pour tous les fous rires de la semaine. Pour votre tendresse, vos pitreries. Pour vos jeux "de rôle" ensemble, vos chorégraphies, votre complicité.
  • Et pour la fin de cette semaine de c....!!! Même les semaines de c... ont une fin ;)
Ah et merci à papa, pous les photos de toi et lui en Europe. Celle d'en haut me fait penser à Heïdi, je ne sais pas pourquoi. Tu n'es pas dans les montagnes pourtant. Juste à la colline de Waterloo :)

jeudi 26 novembre 2009

Vade retro à l'hosto


Hier, c'était mon rendez-vous pour une autre colposcopie, afin de vérifier si les cellules pré-cancéreuses qu'on m'avait enlevées cet été étaient bel et bien toutes parties.
Pour de multiples raisons, ce rendez-vous avait été reporté deux fois.

Lorsque j'ai fixé la date avec la secrétaire, j'ai mentionné que pour être certaine de ne pas avoir d'enfant avec moi, il fallait que le dit r-v se passe un lundi ou un mardi. Mais elle préférait le mercredi, tout en étant consciente que je risquais de t'avoir avec moi. Ce qui fut le cas. Comme c'est un examen qui est assez rapide, j'avais prévu te laisser dans ta poussette à côté de moi.

Hier matin donc, direction Montréal. Comme je n'avais pas ma carte d'hôpital, je me rends à l'entrée principale de l'hôpital pour m'en faire faire une. Je croise pas mal de monde tout en appuyant sur les boutons d'ouverture automatique et je ne lis pas vraiment la feuille collée à la porte. H1N1... Suis-je la seule à ne pas m'arrêter à chaque fois que je vois ce "mot"? Comme il y a des gardiens de sécurité et des distributeur de Purell, je me dit seulement qu'on nous rapelle de nous désinfecter les mains. J'entre donc avec le sourire et STOP!

Deux agents assez rébarbatifs m'indiquent de ne plus avancer. Coudon, j'ai-tu une bombe sur moi et je ne le sais pas?

Ben non! J'ai un BÉBÉ!

"Vous ne pouvez pas entrez madame, c'est écrit sur la porte!"

"Euh, je venais juste..."

"Vous ne pouvez pas entrer!"

"J'ai rendez-vous, pas de gardienne. Je viens juste chercher ma carte et je vais dans l'autre bâtiment..."

"Vous ne pouvez pas entrer c'est écrit sur la porte!"

"Ok mais... Je fais comment? Voulez-vous aller la chercher pour moi la carte? " (Le regard qu'il m'a lancé à ces mots lol!)

Une troisième gardienne arrive et elle me laisse au moins placer plus que 2 mots de suite. Elle me dit d'aller au bâtiment ou j'ai r-v et de me faire faire une carte là. Ok merci madame bonne journée.

M'en vais donc à côté, ose prendre la rampe pour handicapés même si c'est ÉCRIT DESSUS que c'est SEULEMENT pour les chaises roulantes ( accessoirement, une poussette c'est un genre de chaise qui roule non?). Arrive à la porte...

Un "monsieur" me fait des grands signes pour que je ne l'ouvre pas. Je tente de lui dire qu'on m'a dit de venir, que j'ai r-v etc, il me répète le nouveau mantra de l'endroit: C'EST ÉCRIT SUAAAA PORTE!

"Monsieur dites-moi au moins comment contacter l'étage en haut pour annuler mon r-v. Je connais le # mais pas le poste de 3 km de long." Ça c'est ce que j'aurais aimé lui dire. Si à chaque mots il ne m'avait pas coupé avec "C'EST ÉCRIT SUAAA PORTE!" Sérieux, il y avait de la haine dans son regard. Il donnait l'impression d'attendre juste une occasion pour sauter sur quelqu'un et le charcuter avec ses dents.

Je ne me souviens plus de tout, mais je sais qu'il a conclu avec un "C'est ça, appelez-les donc STI".

Aïe! Il me sacre après!

J'ai promis dans le billet précédent de ne pas écrire longtemps la prochaine fois, alors je ne me défoulerai pas sur le sujet. Mais je n'ai pas aimé du tout qu'on me traite et par le fait même qu'on te traite ainsi. Une mère et son enfant, vaccinées toutes les deux, non informées du nouveau règlement lors de la prise de r-v ( règlement qui durera semble-t-il deux semaines. Pourquoi 2 semaines? ) qui ont bien d'autres choses à faire que d'aller faire suer les surveillants d'hôpitaux, ce ne sont pas des tueuses en série bordel de m...!

Enfin bref, me retrouve sur le trottoir, fait pas chaud chaud, tu en as marre, tu enlèves sans cesse tes bottes et même tes bas! Je tente de rejoindre ton père, sans succès. Je tente de passer par un réceptionniste en appelant l'hôpital pour rejoindre la colpo, mission impossible et en passant CR******** de systèemes de reconnaissance vocale à m*******! Fini par espérer ne pas avoir effacé tous les messages de la boite vocale à la maison, téléphone chez-nous, prends le message, retiens le numéro de poste long comme le bras tout en t'empêchant de te foutre à poils sur la rue. Rejoins finalement la secrétaire de colpo, lui explique la situation et... je me mets à brailler comme un veau!

Finalement, aprèa m'être entendue avec elle que si je trouvais une solution (Non je n'ai pas de famille proche qui peut garder etc etc. Si j'en avais je ne serais pas sur le trottoir en ce moment mais les deux pieds dans les étriers!). Si je trouvais une solution dis-je, je pouvais passer avant 11:00. J'ai finalement rejoint ton père ( en passant par le réceptionniste à son boulot) et ton père est accouru ( j'étais hystérique il a du avoir peur pour ta sécurité lol).

Et j'ai eu mon examen. C'est drôle, on m'a passé super vite. Pas eu le temps de me poser les fesses sur une chaise pour lire mon bouquin. Tout le monde savait que c'était moi qui avait eu une "mésaventure" en bas. On m'a même dit qu'on avait engueulé le gardien se sécurité pour se rendre compte que c'était un bénévole qui m'avait "accueillie".

Mon opinion sur le bénévolat au passage: Si t'aimes pas le monde, reste chez-vous ou fais ton bénévolat en solitaire... Je sais pas moi, fabrique des épinglettes.

En tout cas. Les docteurs trouvent ça con cette folie entourant la h1n1 et se demandent si ça sera pareil pour la grippe saisionnière qui fait beaucoup plus de tords. Des portes de sortie sont verouillées ( et même pas stratégiquement). Y'a des petites madames partout qui te courrent après avec du Purell ( j'exagère à peine). Et pi, ben les moins de 18 ans ne peuvent pas entrer à l'hôpital. à 19 t'es correct. Grosse différence...

Mais bon! C'est la fin de ce billet, il est déjà trop long! Et t'en fais pas pour la folie ambiante. Si ça prend des airs de 3ième guerre, on s'enfermera tous dans la maison avec nos doudous et on se coupera du monde le temps que ça se calme :P Mais plus question d'airs bêtes qui ont peur des bébés ;)

PS: Une pensée pour les mamans qui allaient à leurs r-v post-partum et qui n'étaient pas non plus au courant de la règle. J'espère qu'elles ne se sont pas tapé le même bénévole frustré que moi!

mardi 24 novembre 2009

Handicap invisible


Un titre pas joyeux-joyeux n'est-ce pas?
Et dis moi, qu'est-ce que je fais encore devant mon blogue alors que j'ai comme tu le sais mille ( sûrement 1002 maintenant) choses à faire?

J'ai un trop plein. Et comme j'ai tassé ce trop plein pour tenter de mieux fonctionner et que je ne fonctionne pas vraiment mieux, je continue d'expulser. Au risque de passer pour une négative finie, une fille qui se victimise, une casseuse de party.

Faut que ça sorte point. Et personne n'est obligé de lire après tout.

Donc, comme tu le sais, ton Frérot vit avec un "handicap invisible". Je n'aime pas les étiquettes, mais celle-là, tout en étant apeurante, est aussi rassurante. Entendons nous; je ne réduis pas ton frère à cette simple étiquette. Mais elle peut servir de balise pour le comprendre, pour changer de stratégie, pour expliquer des choses. Ça c'est le côté rassurant. Le côté apeurant ben... Je pourrais dire que c'est le mot handicap le pire mais à bien y penser, je crois que c'est plutôt le mot invisible.

C'est dur de se battre contre l'invisible. C'est parfois dur aussi de l'utiliser. Et parfois, c'est facile d'oublier son existence. Ah et c'est difficile de le justifier. Aux autres et parfois à soi-même.

Ton frère de plus, possède un invisible rare, peu documenté, peu publicisé, difficile à résumer. Quand on pense que je m'informe à ses écoles depuis sa première année, cherchant le bogue, cherchant la source, la solution.

Analysant tout ou presque...

Est-ce que c'était éducationnel? Était-ce du à l'absence du père? Au moment de notre séparation? ( 2 ans c'est jeune) À mes difficultés économiques? À mon incompétence à élever un garçon? À la "douance" de Soeur Aînée à qui il pouvait se comparer même si moi j'évitais? À nos trop nombreux déménagements? Était-ce physiologique? Relié à sa naissance trois semaines en avance, son streptocoque, son retour à la circulation foetale, ses intubations, injections et autres? Était-ce parce que lui, je ne l'avais pas allaité? L'avais-je assez stimulé? Étais-je trop prise dans ma "survivance" pendant sa petite enfance pour bien m'en occuper? Était-ce son alimentation? Les plaintes de son père à la DPJ(toutes rejetées) pour un oui ou pour un non?

Pourquoi Frérot a été incapable de bien lasser ses chaussures jusqu'à ses 11 ans? Pourquoi ça lui a pris deux ans à apprendre à faire du vélo? Pourquoi les pleurs, le stress au moment des devoirs? Pourquoi il était terrorisé de commencer la maternelle? Pourquoi un simple nouveau mets dans son assiette parvenait à l'angoisser? Pourquoi il perdait tous ces amis après quelques semaines ou mois? Pourquoi il se laissait tabasser à l'école? Pourquoi il ne comprenait aucune technique de rangement? Pourquoi il questionnait chaque tâche scolaire à faire ou encore, chaque façon d'accomplir ces tâches?

Pourquoi il avait des réflexions et des raisonnements de "plus vieux" et un humour que souvent seuls les adultes comprenaient? Pourquoi il avait tant de belles idées en tête mais était incapable de les écrire? Pourquoi il adorait le bricolage mais n'arrivait jamais à des résultats "solides" ou "esthétiques"? Pourquoi il trébuchait sur tout, se cognait, tombait. Pourquoi il avait peur des hauteurs? Pourquoi il pouvait me résumer un documentaire sur la guerre du Vietnam mais oubliais ses tables de mathématiques aussitôt arrivé à l'école? Pourquoi il avait toujours la bouche ou les mains ou le chandail sale? Pourquoi il perdait mitaines, boites à lunch, agendas? Pourquoi il oubliait d'apporter les messages du prof, ses cahiers de leçons, son linge l'éducation physique? Pourquoi il revenait sans bottes dans la neige sans même sembler s'en rendre compte? Pourquoi, jusqu'à tout dernièrement, il me disait "Je t'aime" toutes les 30 secondes et "Je m'excuse" pendant les 30 autres secondes? Pourquoi la grosse majorité de ses profs semblaient ne pas l'aimer? ( De ce nombre, une partie le "tolérait" et l'autre le rabaissait. En fait, je pense pouvoir nommer deux profs qui l'ont vraiment apprécié jusqu'à maintenant. Madame G et madame A). Pourquoi même quand il se lançait dans un projet qui le passionnait ( exposé oral, construction d'objet, activité physique) il ne parvenait jamais à satisfaire les attentes? Pourquoi il détruisait si rapidement crayons, gommes à effacer, cahiers etc?

Et avec le temps, pourquoi l'anxiété, l'angoisse, les insomnies?


À chaque début d'année, je contactais l'école pour rencontrer le prof avant le début des classes. À plusiques reprises, j'ai aussi obtenu des rencontres multi-disciplinaires. Avec le prof, la direction, la T.E.S ou l'orthopédagogue. On me disait toujours qu'il était super intelligent. De ne pas trop m'en faire, que c'était soit de l'immaturité, soit de la simple paresse. Que c'était un garçon, que les garçons sont plus "brouillons" etc. Et on me "montrait" toujours comment l'encadrer. Lui faire penser à son matériel scolaire, veiller à son hygiène, lui montrer l'autonomie, lui apprendre à gérer les conflits sans violence (donc se laisser tabasser, insulter et dire "JE n'aime pas ça" genre...)
Bref, puisque les orthopédagogues n'arrivaient à "rien" avec lui, cela voulait dire qu'il n'y avait pas de réel problème. Pas dyspraxique, pas de trouble de l'attention, pas d'hyperactivité, pas dysphasique etc.

Frérot était à la moitié de sa quatrième année (qui était en fait une classe mixe même si j'avais dit que non, il n'était pas assez autonome et ou on me reprochait au final... son manque d'autonomie) quand j'ai réussi à obtenir de l'aide en pédopsychiatrie. Une gentille médecin, rencontré lors d'un sans rendez-vous + les idées suicidaires de Frérot (et oui, à 10 ans...) on fait qu'on a pu passer "rapidement",

Psychiatre, psychologue, ergothérapeute, travailleuse sociale. J'ai du raconter pour une énième fois notre histoire de vie, notre dynamique familiale. Et ils replongent loin dans leurs questions tu sais. Ça va jusqu'à mon moral pendant la grossesse... Donc comme tu le sais, nous étions "mal barrés". Une mère séparée deux fois, une famille recompo, un passé de détresse économique, un père et une belle-mère qui voulaient ma peau ( et ça c'était évidemment de ma faute, je devais probablement faire de l'aliénation parentale). Ça a fini par un plan. Des rendez-vous pour ton frère avec la psy et parfois la T.S. Des rendez-vous pour moi avec la T.S. Et des r-v pour Frérot avec l'ergo puisqu'il écrivait mal ( ce qui était j'avoue pour moi le moindre de mes soucis dans l'histoire). Environ deux fois par semaine et si je reportais on me faisait filer assez cheap merci .

Au bout de je ne sais plus combien de mois, on m'a dit que Frérot avait un trouble d'apprentissage. J'ai demandé le nom de ce trouble. Je n'ai jamais eu de réponse. "Trop complexe". Euh... Suis trop stupide pour comprendre? On m'a résumé rapidement que Frérot avait des problèmes d'équilibre, des difficultés à anticiper par exemple, le résultat d'un de ses dessin avant de l'avoir terminé ( ce qui n'est donc plus de l'anticipation!), qu'il avait un gros retard en mathématiques et qu'il devait changer d'école - encore- pour aller en classe spéciale. Que là-bas, son estime personnelle remontrait car il serait parmi les meilleurs des "pas bons" ( pas dans ces mots mais presque) et qu'il aurait du support adapté à ses besoins. J'avais la chienne, je doutais. Mais j'ai finalement accepté. On m'a dit aussi que je devais continuer de l'amener en ergo et un peu en psy. Que je devais lui trouver des sports ( mais pas ceci pas cela etc vu son manque d'équilibre), des activités, faire ceci, faire cela.... Ah et investiguer pour son surpoids, ses bobos ici et là etc. (euh c'est que je n'ai même plus le temps de travailler avec tous ces r-v , que j'ai deux autres enfants à m'occuper ( dont une pré-ado qui souffre un peu de l'attention portée à son frère j'en suis persuadée) et que j'ai beau être sortie de la détresse économique, on ne roule pas non plus sur l'or. Et euh... Est-ce que j'ai le droit d'être "un peu" fatiguée moi aussi là-dedans?)

Donc! Frérot entre en cinquième. Je rencontre le directeur, qui m'assure que Frérot aura la meilleure des profs, que je serais régulièrement informée, qu'on fera équipe et patati et patata.

Je suis parvenue à parler à l'enseignante par téléphone deux fois dans l'année, par tranches de 5 minutes ( elle était pressée). Je l'ai vue pour un ou deux bulletins ( soit quand on me convoquait comme pour tous les autres élèves de l'école). Le +? Ton frère ne pleurait plus lors des devoirs. Il pouvait même les faire tout seul. Les -? Ton frère avait le moral encore plus à terre. Il se faisait encore plus harceler, il ne se sentait pas apprécié du prof et un soir... En rentrant de l'école, il m'a montré un de ses devoirs. Relier des mots avec des images. Le genre de trucs qu'on fait lorsqu'on apprend à lire. Il m'a dit: "Maman, je dois être vraiment débile si on me demande de relier le mot banane avec une dessin de banane".

On se souvient que Frérot a du mal en mathématiques. Banane, il sait comment écrire...

Mais vois-tu, dans les écoles, la majorité des orthopédagogues sont formés pour les difficultés en français, pas en maths. Enfin, c'est ce que la psy m'avait dit. La même psy qui me disait qu'il fallait lui trouver un ortho spécialisé en math et qui m'a convaincue de l'envoyer à cette école pour que finalement, il n'en ait même pas de service d'ortho.

Frérot a fait son temps. On aredéménagé. La psy a du capoter, elle qui m'avait gentiment glissé un jour "Si vous n'aviez pas déménagé aussi souvent, on aurait trouvé son problème bien avant".

On a déménagé pour ici, la maison que tu connais. Pour avoir des racines, enfin. De la stabilité. Une école primaire tout prêt, une école secondaire en construction. L'espoir que Frérot se ferait des amis dans le coin au lieu d'en n'avoir qu'à une école trop loin. J'ai été naïve. L'école du coin, comme toutes les écoles de notre ville, n'offrent pas de classe adaptée. J'ai tenté de me battre, pour l'envoyer en classe ordinaire avec du support, le faire doubler une année. La directrice était fort gentille, mais sous la pression des "logues" et autres, j'ai fini par visiter l'école choisie ( située dans la ville voisine) par les pros avec Frérot. Il est tombé en amour avec la salle de musique, il a voulu aller là-bas. Au final, il n'a presque rien fait en musique. Son prof a passé aussi l'année à le traiter de bébé, de looser et de paresseux. À la fin de cette année, la même prof demandait à le ravoir dans sa classe! J'ai discuté avec la responsable du classement à la commission scolaire et lui ai fait comprendre que c'était hors de question.

Donc Frérot va dans une classe spéciale dans une polyvalente pour une deuxième année. Les +? Il a la liberté accordée aux étudiants de secondaire. Il s'est fait et a gardé, de vrais amis. Le gros +? Madame A. Je remercie le ciel d'avoir mis cette enseignante sur notre route. J'ai "prié" tout l'été pour que Frérot l'ait encore cette année. Prières exaucées. C'est pas encore le Nirvana, les devoirs ne sont pas beaucoup lus valorisants, mais la prof est positive, à l'écoute et on peut s'envoyer sans problème cinq courriels dans la semaine pour se partager l'information et même rigoler. À la rencontre pour le plan d'intervention cette année, juste du positif de la part de cette dame. Aucune culpabilisation envers moi. L'obtention enfin, d'un ordinateur portable pour Frérot ( ça fait partie de son handicap et plusiques ont du mal à comprendre le fait que ton frère à une pas pire motricité fine si ses bras son près du corps, mais qu'il a beaucoup de mal s'il doit étendre le bras, comme pour écrire avec un crayon). J'ai même appris qu'on pourrait avoir droit à un petit support financier auprès des prestations fiscales pour enfant. (Mieux vaut tard que jamais).

Faut dire aussi que Frérot est médicamenté depuis son entrée au secondaire. Je m'étais tannée pendant sa sixième année et je l'avais amené au privé voir une super neuropsy. C'est elle d'ailleurs qui ne m'a pas trouvé trop tarte pour me dire le nom du handicap de ton frère, m'en expliquer les grandes lignes et me donner quelques trucs. C'est grâce à elle aussi que nous avons pu avoir le fameux portable ( l'autre psy le recommandait, mais juste de façon orale, ce qui ne prouve rien). Et donc la psy a recommandé une médication pour quelques mois. Pour donner un break à ton frère. On n'a pas encore arrêté. Ça l'aide trop. Je n'aime pas les pilules, mais là... Alors il prend son Straterra quotidiennement, plus du Syntroïd car il a aussi un problème au niveau de la tyroïde. Et pour le moment, je ne veux pas stopper ça. Moi, je n'en ai pas la force, j'avoue égoïstement.

Je t'ai écris un roman alors que tout ce que je m'en venais dire ici, c'est que je trouve ça dur, un handicap invisible. Primo, c'est un truc que peu de gens veulent chercher à comprendre. On aime cataloguer ton frère de bizzard, de paresseux, de moumoune ou dire que c'est moi qui le "fuck". Si ton frère n'avait pas de gens, personne n'oserait lui dire "Envoye marche! Force-toi!". Mais on lui dit souvent de se lever et de marcher. Je ne veux pas le surprotéger et moi-même je le "brasse" assez souvent pour qu'il avance. Mais le défi est de trouver comment lui apprendre certaines stratégies et surtout, dans mon cas, de savoir ce qui est lié à son handicap et ce qui ne l'est pas.

Ton frère a maintenant 13 ans vois-tu. Il est ado. En général, un ado assez cool qui trippe sur la musique rock, veut être avec ses amis et commence à s'intéresser aux filles. Un ado qui semble avoir moins besoin de maman et prèfère chatter et regarder des vidéo sur You Tube. Mais il est aussi rebelle à sa façon, confrontant, rigide. Bon la rigidité vient de son trouble d'apprentissage, mais jusqu'à quel point? Qui pourrait me dire?

Il a aussi eu des idées très noires récemment. Il a fini par m'en parler, mais depuis, il le regrette, vue mon inquiétude... Donc il ne me dit plus grand chose, si ce n'est qu'il me remercie quand je lui fais confiance. Et qu'il insiste comme un pitt bull quand je refuse quelque chose;)

Ce qui me fait assez peur, je t'avouerai, ce sont ses moments "d'absences". Déjà que son non-verbal n'est pas très expressif en général ( fait partie du handicap de ne pas être expressif et de mal décoder le non verbal des autres), quand il n'a simplement l'air "pas dans son corps" ça fait freaker. La mère de son amie m'a téléphoné pour m'en parler. Il va souvent chez-eux le week end et c'était la première fois qu'elle le voyait autant "pas dans son corps". Elle se demandait s'il avait oublié sa médication ou s'il y avait eu un évènement grave...

Et ce qui, en ce moment, m'inquiète le plus? Mes récentes lectures... J'ai enfin trouvé un document assez imposant sur le net qui traitait spécifiquement de cet handicap méconnu. J'ai tellement reconnu Frérot dans les descriptions, de la petite enfance à l'adolescence... Ce qui m'a fait dire un "si j'avais su", même si ça ne donne rien de regretter hein? Bref, dans ce document, on mentionnait que certains "symptômes" empiraient avec l'âge... Donc cette histoire de contact visuel et cette propension à s'isoler...

Or, la mère que je suis s'y refuse, pour le moment. Je n'en suis pas à accepter. Je veux, j'exige que mon fils ait un bel avenir. Déjà qu'il est limité niveau scolaire -même si je me jure de tout faire pour l'aider à étudier dans le domaine de son choix et de l'envoyer ailleurs que dans l'école professionnelle que la commission scolaire prévoit pour lui dans deux ans si c'est ce qu'il faut-. Je veux qu'il ait une vie sociale, amoureuse, satisfaisante pour lui. Je veux son bonheur! Je ne veux pas qu'il se coupe des gens...

Je vois trop loin peut-être... Je ne sais plus.

Je l'aime tu vois...


Laissons tomber les émotions. Passons à l'action. Je vais contacter la neuropsy de l'époque. Je vais lui poser mes questions. Et je vais m'informer pour un psy pour ado aussi dans sa clinique. Même si la T.S que nous voyons actuellement en attendant une place en pédo-psy (demande classée urgente depuis quoi? 10 mois?) pense qu'il n'en a pas besoin. Je veux un autre avis. Je veux nous outiller. Sinon, on va craquer. Lui, moi et peut-être ton père. Pas facile pour ton père, un beau-fils ado et "différent" même s'il met beaucoup d'effort à le comprendre et l'aider. Je dois trouver de l'aide, car tout ça se remet à me gruger par en dedans. Mon cerveau surchauffe.

Je vais rechercher de l'aide et je vais espérer, encore et encore. Espérer que dans quelques années, je sois une grand-mère entourée de ma famille, toute souriante, se moquant de mes inquiétudes de mère de 36 ans.

Et finalement, j'en profite pour te remercier ma chérie. Oui toi. Car de toutes les personnes que je connais, y compris moi, tu es celle qui sais regarder ton Frérot sans jugement. Avec patience. Tu lui souris, même quand il ne réagit pas. Tu insiste patiemment, doucement. Tu penches la tête, tu souris encore. Tu cherches son regard et... tu le trouves. Et quand le contact se fait entre vous deux, même brièvement, je trouve ça magique. Et ça me fait du bien. Tu n'as pas encore la peur d'être rejetée, ou pas aimée ( Soeurette elle, commence parfois à douter de l'amour de votre frère quand il semble indifférent). Tu donnes à Frérot et tu as CONFIANCE.


Merci ma puce...

PS: Le prochain billet sera court! Ou au moins moyen!

lundi 23 novembre 2009

Ce qui ne s'exprime pas s'imprime



Je crois pas mal à cette maxime.

En grande assoiffée de communication que je suis et ce, depuis toujours, je vois beaucoup de sens à cette petite phrase. Des psy en parlent, des sexologues, des médecins, des ostéopathes et des "gourous" de la pop-psycho aussi.

On peut aussi dire que ce qui ne sort pas en mots, sort en maux.

Ok, c'est peut-être trop abstrait pour certains, pas assez scientifique pour d'autres, mais moi je trouve ça assez logique.

Ce qui ne s'exprime pas s'imprime...

Depuis un bout, j'ai l'impression d'être un gros paquet de feuilles imprimées recto-verso...

Je suis une imprimante qui a un bout de document coincé et dans la mécanique et je déraille.

J'ai des boulettes de papier qui me bloquent la gorge, le plexus, qui m'étouffent.

Quand même bizarre pour une fille qui parle beaucoup, qui est près de ses émotions et qui n'a pas tendance à ruminer, à bouder.

Je communique quotidiennement. Avec ton père, mes enfants. De façon "live", par téléphone, via divers médias sociaux...

Alors pourquoi j'étouffe?

Ça doit faire une semaine que j'y songe. Pas en tout temps, faut pas en faire une psychose. Mais pas mal.

Oui, je communique. "On mange quoi pour souper?", "Oui je serai présente à mon rendez-vous médical", "Pense à tes mitaines" etc.

J'update de temps en temps mon statut Facebook, Je "twitte" occasionnellement, j'écris sur mon forum, je laisse des commentaires sur certains blogues. J'ai écris de trop rares articles ce mois-ci.

Mais je suis imprimée mur à mur....


Et ça prend de l'ampleur. Je dors mal, je suis fatiguée, je me sens "nulle" et je perds confiance en moi. Voilà c'est dit. J'ajouterai même que je me sens "frustrée", "en manque" et un peu "désespérée" de trouver des solutions. Voilà pourquoi j'aborde un peu le sujet ce matin. Tentative de sortir quelques boulettes de ma gorge...

Je dis que j'aborde un peu, car si je laissais réellement émerger tout ce qui se taire en moi en ce moment, je provoquerais un séisme. On dit que toute vérité n'est pas bonne à dire... Je crois plutôt que tout le monde ne veut pas être au courrant des vérités de l'autre. Alors ou donc exprimer totalement se qui s'imprime ou s'est imprimé en moi au fil du temps? Ou donc se trouverait cet espace au sein duquel je me donnerais le droit d'ouvrir totalement les valves? Ici, me diras-tu? J'ai trop peur que certaines personnes se sentent visée même si ce n'était pas le cas. On a beau dire " Si le chapeau te fait, mets-le", y'a souvent pas mal de monde pour croire que le dit chapeau leur est destiné. Et moi qui avais du "guts", je ne me sens pas l'énergie pour gérer d'éventuelles confrontations ou encore... un nombre plus grands de "non-dits" entre moi et d'autres. ( car dis-toi que les gens qui se sentent visés ne viennent pas toujours confirmer... Ils se taisent et s'impriment eux aussi des trucs... Ça ne fini plus.)

Ok. Je pourrais aller voir un thérapeute. Lui balancer tout ce que je ressens, que ce soit justifié ou non. Mais pour le moment, mon temps et mon budget ne me le permettent pas. Et j'ai comme le sentiment que l'époque pour moi n'est pas à l'analyse ( Dieu sait que l'analyse, j'ai donné!) mais à l'action. Un truc viscéral. Un élan. Un souffle qui me mènerait plus loin que dans un bureau de psy.

Alors je me suis dis que, même si ça ne parrait pas trop trop depuis un bout, je suis au fond de moi, une artiste. Quand tu m'enlèves les uniformes de mère, de conjointe, de pigiste qui en arrache, de copine, de voisine etc, il reste moi toute nue. Et moi toute nue, même si ce n'est pas de l'art à voir, c'est une artiste non épanouie.

J'aurais pu développer mes talents en dessin. Je ne l'ai pas fait pour des raisons que je n'exprimerai pas ici. J'aurais pu développer mes talents en musique, idem. Ce qui me reste pour le moment, même si j'en ai beaucoup perdu selon moi, c'est l'écriture.

Écrire. Laisser sortir ENFIN tous ces personnages qui me "hantent" depuis des lustres. Les laisser s'exprimer ( en espérant eux, les imprimer!). Leur mettre en bouche et en actes un petit peu de moi certe, mais les laisser prendre vie et les regarder évoluer au fil des pages. Ou encore, présenter certains de mes textes sous forme de chansons ( les vieux comme les futurs) et oser les montrer à X interprète pour avoir son avis. Tout d'un coup...

Tout d'un coup... C'est ça que je me dis parfois la nuit, toute seule avec mes pensées. Et si c'était potable? Et si c'était même bon? Et si c'était même différent? Et si ça pouvait intéresser du monde? Et si on désirait m'en parler, m'inviter, débattre, analyser ou juste, rigoler?

Et là je reviens à mon point de départ. En parler? Montrer mes trucs? Et si certains lecteurs se sentaient visés? Moi qui en général, me fout de l'opinion d'autrui ( j'ai quand-même un vécu qui ne peut se permettre de trop s'en faire avec le jugement des autres), je fige.

Et je me mets d'autres freins. Le temps passé à "créer" sans assurance de rétributions, je ne l'aurais pas pour m'occuper de la famille, du ménage, du boulot ( faut que je trouve plus de boulot-faut que je trouve plus de boulot-faut que je trouve plus de boulot). C'est super con en fait. Car rares sont les artistes reconnus qui n'ont pas du créer sans reconnaissance, sans argent etc. Alors je me dis "oui mais, c'est plus "accepté" chez une jeune de 19 ans que chez une vieille de 36 de créer pour créer. Mais c'est con quand-même. Mais je me bloque. Mais ça tourne dans ma tête et ça va exploser ou imploser si ça continue. Et puis, c'est pas pire de passer du temps à "créer" que d'en passer à regarder la télé ou à écrire sur Facebook. Mais le mais revient! La télé, FB ou autres, ça peut se faire même quand les enfants jouent, même quand des gens entre dans la pièce etc. Alors prends le lundi et le mardi me diras-tu! Comme maintenant, comme pendant que tu écris ce billet! Et là mon MAIS revient ma puce. Mais justement, ce billet je ne devrais pas l'écrire là! Comme tu es à la garderie, comme j'ai du temps seule jusqu'à 15:00, je devrais en fait être en train de remanier mon cv, d'envoyer des courriels à des éventuels employeurs, de chercher des offres d'emploi ou encore, de faire le C********* de ménage à faire perpétuellement on dirait. Ce que je m'aprête à faire dans quelques minutes.

Ce n'est tellement pas moi de m'en faire autant. On dirait que mon positivisme prend le bord et je n'aime pas ça. Je ne veux pas devenir une mégère frustrée de ne pas mêtre réalisée suffisamment. Et je ne veux pas emmagasiner ad vitam eternam ce trop plein d'émotions, de réflexions, de mots/maux. Mais il me fallait un espace pour sortir un peu de ce négativisme, de cet "apitoiement" je crois. Déjà, je me sens plus légère. Que veux-tu. Écrire m'aide à voir plus clair, même si ça laisse parfois ceux qui lisent perplexes ou inquiets.

Donc, comme je ne veux pas être une frustrée, je vais trouver le temps, l'espace, le calme et créer pour le plaisir, comme avant. Et pour m'accorder ce temps, cet espace et ce calme sans me culpabiliser, je vais prendre le taureau par les cornes au niveau professionnel et aller lancer quelques offres ici et là. J'ai beau avoir le complexe de l'usurpateur, pour le moment, parmi les choses que je sais faire, c'est ce qui se fait en télé-travail que je peux sélectionner. Parce que j'ai fais des choix, que je crois que ces choix étaient bons et parce que je ne veux pas me mettre à les regretter. Je n'aime pas les regrets.

Alors comme je ne veux pas être une frustrée qui regrette et qui tombe dans un état de larvitude, je dois me relever les manches, sourire et ... créer.

Pour le moment, créer me permettra de m'exprimer. M'exprimer me permettra de me débarasser d'une partie de ce qui me chicotte intérieurement. Et le reste de mon ménage intérieur, je trouverai comment le faire en temps et lieux. Cela provoquera peut-être des séismes oui. Mais je serai redevenue la fille "armée" qui peut faire face.

Allez... J'y vais. Je ne bouge pas de mon pc tant que je n'aurai pas fait quelques actions concrètes pour trouver des contrats et que je n'aurai pas revisité quelques-uns de mes vieux textes, histoire de me rappeler à quel point ça me faisait du bien.

C'est drôle tout de même. Je m'en venais tenter de sortir quelques "bibittes" sans trop heurter de gens, mais je ne les ai pas sorties vraiment. Les mots ont pris une autre direction. Je pense donc que mes bibittes me serviront ailleurs. Je vais les transformer en moteur.

Et qui sait? Ce sera peut-être un jour à lire dans une bibliothèque près de chez-vous!

mardi 17 novembre 2009

Six candles


J'ai mille billets en brouillon, jamais le temps de les terminer. Je songe d'ailleurs à lancer le concept des billets sans queue, ni tête, ni fin...

Mais je prends un peu de temps ce soir pour m'adresser à ta Soeurette. ( Je crois que c'est désormais ainsi que je nommerai la "#3 " de la famille ici. Par souci de discrétion... De là la photo de dos. De toutes façons, les photos prises lors de la "fausse fête" de samedi montre presque toujours ta soeur et ses invités de dos. Ils étaient tellement nombreux qu'ils accouraient tous en tapon et ton père ne voyait que leurs dos.

Alors bref, un petit mot à Soeurette!

Six ans... Il y a six ans, à cette heure, je songeais à tous les moyens pour que tu daignes te montrer la binette ma chérie. Ma dpa était le 17, ma doc était certaine que j'accoucherais avant ça. Elle partait en vacances le 15, je lui avais dit qu'on ne se verrait donc pas. Elle en doutait. J'avais raison.

Avec le recul, je me demande pourquoi j'étais si pressée. Peut-être parce que j'avais souvenir de Soeur Aînée, qui même neuf jours en retard avait demandé un accouchement par induction? Je n'avais pas envie de me taper encore des jours d'attente pour que ça se termine encore en induction (même pour ton frère en avance, ça avait été le cas...). Et il y avait bien sur les contractions... depuis longtemps. Et l'envie de vérifier si mon instinct était bon; le bébé cachottier de l'échographie était-il une ELLE? Ou faudrait-il qu'on s'entende enfin ton père et moi sur un prénom masculin?

Je me souviens de l'huile de ricin ( triple yeurk!). Du "strapping" que le doc remplaçant m'avait fait le matin ( mais je ne me souviens pas si c'est le mot exacte et je ne sais pas comment l'écrire!). Me souviens aussi d'avoir "obligé" ton père à des "rapprochements", commandant même un film pour adulte pour l'inspirer ( en fait NOUS inspirer!).

Je me souviens avoir bien dormi, m'être levée vers 6:00 pour envoyer Frérot et Soeur Aînée à l'école. Ton père était parti travailler. Et puis, alors que j'allais chercher je ne sais plus quoi à la salle de bain, une contraction plus forte m'a fait m'assoir sur le bord de la baignoire. Et puis SPLOUSH! les chuttes Niagara. La première fois que mes eaux crevaient à la maison, yé!

Téléphone au travail de ton père. Il venait d'arriver. Il a du repuncher vite ;) Ton frère et ta soeur demandent à assister à ta venue, donc téléphone à une amie qui les prend une partie de la journée.

Donc l'hôpital, la jaquette bleue, l'induction. Du déjà vu pour moi. Mais du différent puisque c'était TOI que nous attendions. Je mangeais des muffins aux bananes en cachette, essuyant fort peu discrètement les miettes sur mon bedon quand l'infirmière entrait. Les doses de Pitossin étaient fortes, mais ça aussi je connaissais bien. Endure endure puis fini par être du même avis que l'infirmière: ÉPIDURALE! Une de mes grandes grandes peurs! Là c'était une première pour moi! Pendant qu'on attendait l'anesthésiste, ton parrain débarque avec sa caméra... Imagine le tableau... En plus du personnel de l'hôpital, ton frère, ta soeur, ma copine, ton père, le parrain! Sans compter que ma chambre était pratiquement encore en rénovation, qu'elle était minuscule et que même le docteur ne savait pas comment lever mon lit avec la super "télécommande", Moi qui fais un gros câlin à ton parrain, la jaquette toute ouverte mais je-m'en-fout-j'ai-maaaaaal.

Puis tout le monde sort, sauf ton père et l'anesthésite arrive. Un vrai personnage de film le mec... On me postitionne, on m'ordonne de ne pas bouger. Je sers - non je broie!- les mains de ton père en le fixant dans les yeux. Je suis terrorisée. À ce sujet, même si ton papa n'est plus avec moi, je me souviendrai toujours de son support à ce moment et je l'apprécierai énormément. Sache que malgré la séparation, j'ai du respect pour lui et que tu n'as pas été fabriquée par "accident" ou en l'absence de sentiments. Alors donc l'anesthésiste, un type super efféminé ( je n'ai rien contre mais ça + la suite de l'histoire me fait rigoler) sort son aigulle ( que je refuse de voir) et me dit de sa charmante voix: "Moi aussi, accoucher, je prendrais l'épidurale".

Et moi de rétorquer, crispée comme pas une, la voix rauque : "Scuse mon homme, j'veux pas t'insulter, mais t'es pas ben ben équipé pour accoucher!". Il n'a su que répondre... Bizarre.

L'épidurale n'a pas enlevé la douleur. Pas eu le temps je crois. Elle a en fait activé le travail et avant de réaliser ce qui se passait, j'avais les pieds dans les étriers, la caméra du parrain fixée sur mon entre-jambe et je demandais au dit parrain d'aller me roulet "un batt" ( t'en fais pas je -ne -suis- pas- toxico
-j'ai-maaaaaal.)

Ce fut intense. Très. Mais à la deuxième poussée, on voyait ( ben ils voyaient) tes cheveux et moi je demandais s'ils étaient bruns. Je désirais une brunette. À la troisième, tannée de me faire dire "Poussezzzzz!" et de répondre " Quécé vous pensez que je fais?", je donnais mon max et tu étais sortie. On m'annonçait que tu étais bel et bien une fille et moi je harcelais le doc-remplaçant pour savoir si tu avais un streptocoque. ( et lui ne comprenait pas mon obsession).

Ils t'ont passé les tests pour me rassurer et je ne sais plus combien de temps après, tous les "spectateurs" de l'accouchement m'accompagnaient à notre chambre. Si tu avais vu la fierté de Soeur Aînée et Frérot! Et bien sur, de papa et moi. Bah tu verras sur la vidéo...

Je me souviens que toutes les infirmières me disaient que tu étais VRAIMENT un beau bébé. Et objectivement, c'était vrai.

Après deux jours à l'hôpital, nous avons pris le chemin de la maison. (maudit que j'avais hâte! Il faisait tellement chaud et sec en plus dans notre chambre!) Pendant des jours et des jours, ce ne fut que du bonheur. Je flottais. De plus, j'ai eu la chance que ton frère et ta soeur ne soient pas jaloux. Que du bonheur, je te dis.

Et quand les downs sont venus, ce n'était jamais lié à toi. Et quand ton papa est parti, le jour de tes cinq mois, ce n'était évidemment pas lié à toi. Je te dis ça au cas où un jour, tu te questionnes du pourquoi de son départ, même si tu connais l'histoire dans ses grandes lignes depuis toujours et que tu sembles bien vivre avec ça.

Je te mentirais si je te disais que ce fut facile. J'en ai pleuré un coup en te berçant ou en me couchant avec toi dans ce lit qui était maintenant le mien, plus le nôtre. J'ai pleuré sur ce deuxième espoir de famille "brisé". Et j'ai toujours fini par sourire quand tu te mettais à rire... Ton rire, c'était la musique des anges. C'était l'espoir en perfusion. Je m'étais donné le droit de pleurer et de m'apitoyer pendant trois semaines. Ce fut moins long que ça. Sauf que j'ai pleuré à tes premiers départs chez papa. Des départs de 12 heures, puis de 24, 48... Le premier 48 heures tombait à la fête des mères... Ton parrain ( sans caméra!) m'a prise en charge ce week-end là. Je pense que c'est seulement à lui que j'en donnais le droit.

Et puis, la vie a repris son cours. Ça demandait pas mal d'efforts pour tout faire, mais tu étais là pour me botter le derrière, Les matins où j'avais envie de taper sur le réveil et de ne pas envoyer ta fratrie à l'école, pour oublier plus longtemps mes "bibittes" en dormant, toi tu sonnais le clairon. 6:00-6:30, chaque matin, sans exeption. Je crois que ce n'est pas pour rien que contrairement à Frérot et Soeur Aînée, tu étais réglée comme une horloge. Il ne fallait pas que je me laisser aller. Tu ne m'en a pas laissé la possibilité. Merci ma puce.

Comme je travaillais de la maison, nous étions seules pendant les heures de cours. Plein de beaux souvenirs... Tu aimais beaucoup nos marches quasi quotidienne vers l'espèce de dépanneur, le "Magasin général" de notre bled de l'époque. Il faut dire que tout le personnel trippait sur toi et que tu y recevait sans faute un ou plusieurs Mister Freeze l'été et des sucettes l'hiver.

Parfois, je poussais ta poussette, veillant à moitié à ne pas perdre chapeaux, chaussures, chaussettes et mitaines que tu lançais au vent. Et je réfléchissais. Je visualisais beaucoup. Je me disais que le soleil brillait quelque part et qu'il brillerait un jour sur moi, sur nous. Même dans la slush, dans la neige, sous la pluie, même quand j'ai perdu mon boulot... Je nous imaginais dans une grande maison, dans l'abondance, l'amour, le bonheur... Et si je me mettais à douter, je n'avais qu'à te regarder...

On dit beaucoup de choses sur les enfants de famille mono. Qu'ils s'en sortiront moins bien, qu'ils reçoivent moins etc etc. Toi, tu as été en famille mono pendant 13 mois, puis en famille recompo. Et sais-tu que tu ne me sembles pas trop bousillée?

Tu as commencé ta vie dans la lumière ( ton nom voudrait d'ailleurs dire lumière) et celle-ci semble t'avoir toujours accompagnée. Tu a marché tôt. Tu as parlé super tôt. Tu as grimpé partout tôt. Et tu es tombée tôt. Mais tu te relevais aussitôt, souriante, lumineuse... Tu as aussi adopté très tôt ton beau-père, celui que tu nommes parfois papa, tout en sachant que tu as un "vrai" papa aimant lui aussi. Tu as fréquenté des enfants plus âgés assez tôt, suivant ta fratrie. Tu voulais même commencer la maternelle deux ans plus tôt.

D'un côté, tu as vieilli vite, comme ta soeur aînée. Mais ce que je trouve merveilleux, c'est que tu as malgré tout conservé une superbe part d'imaginaire, de magie en toi. Tu décides de ce à quoi tu rêves et quand tu y rêves. J'ai du mal à expliquer avec les bons mots... Très jeune, tu savais que Caillou et Dora étaient des personnages, non des êtres vivants. Mais si tu voulais plonger dans leur monde, tu y allais allégrement. Maintenant, tu sais que le sang au cinéma, c'est un trucage. Tu sais que les cadavres de CSI n'en sont pas des vrais. Et tu sais que les princes charmants ne sont pas comme dans les films de Disney, mais tu as confiance de rencontrer ton prince à toi. Je pense que c'est une des choses qui me rends fière d'avoir accepté de croire encore en l'amour; ainsi, tu y crois aussi. De façon saine mais non dénuée de magie.

Dans peu de temps, tu auras officiellement six ans. À ton âge, j'étais déjà un peu désabusée. C'est pourquoi je suis si contente de te voir aussi pimpante, sociable et bien entourée. C'est pourquoi j'étais si contente que quoi? Onze amis acceptent ton invitation à ta fête samedi dernier.

Je suis infiniment fière de toi. Toi qui m'a suggéré de te surnommer "mon ptit bourdon". Qui part à l'école, le sac à dos plein de trucs et la tête pleine de curiosité. Qui revient avec le sourire et qui fait de gros câlins à ta petite soeur qui te prend déjà comme modèle. Qui s'est si bien adaptée, si tôt aux fameuses fins de semaines sur deux. Qui dessine super bien, qui aime les rimes, les chansons, les animaux, la Vie...

Même quand tu cries pour que je ne te démêle pas ta chevelure brune, même quand tu bougonnes que tu es une imcomprise, même quand tu fais pipi au lit ou que tu rechignes à te lever le matin, même quand tu chantes en boucle les deux mêmes phrases ( dans un anglais aproximatif) de Lady Gaga je suis fière de toi.

Tu es une boule d'amour et de tendresse et j'aimerai toujours me plonger dans ton regard chocolaté.

Tu as six ans. Dans le temps de le dire, tu en auras douze. Tu seras sûrement moins caline et ton adolescence provoquera des secousses en toi, en moi en nous, entre nous. C'est pourquoi j'aime te voir grandir, mais qu'en même temps je suis consciente des moments qui passent si vite et que je veux les savourer au maximum.

Je te souhaite un très joyeux anniversaire mon ptit bourdon. Que la magie et la lumière t'accompagnent toujours toujours. Je t'aime belle brunette. Pour toujours, toujours! Grrrrros comme l'univers! Jusqu'au Pérou, comme tu me dis parfois!

Merci d'être là, dans notre clan non traditionnel. Merci de m'avoir... poussée à vivre pendant un bon moment je crois bien...

PS: Oui je te ferai ton macaroni préféré demain, pour ce grand jour.


lundi 19 octobre 2009

Ma marraine


Je pense à elle aujourd'hui. Peut-être à cause de cette 36ième carte d'anniversaire qu'elle m'a envoyée, plein de voeux sincères et à temps, comme toutes les autres de ma vie.
Peut-être parce que je suis allée la voir dernièrement, avec ton père, Miss Loulou et toi.
Et peut-être, à cause de tout ce que je lis depuis un moment un peu partout, sur la pression des mères d'aujourd'hui...
Enfin bref, j'ai envie de te parler d'elle...

Ma marraine, c'est un petit bout de femme née il y a près de 73 ans si je ne m'abuse. Pesant quelque chose comme trois livres, elle fut gardée au chaud dans la porte du poêle à bois de mes grands-parents. Vivre et non pas survivre, loin des incubateurs, des intubations et de tout le tralala était déjà un exploit.

Je connais peu de son enfance, de son adolescence... Faudrait d'ailleurs que je la questionne, ce serait sûrement fort enrichissant... Je sais qu'elle a épousée mon parrain après qu'il ait fréquenté mon autre tante plus vieille. ( Il faisait frustrer ma tante qui boudait et il s'amusait alors avec ma marraine qui servait de chaperon;) L'autre tante est devenue religieuse, espérons par vocation et non par dépit:P) Qu'elle a porté en elle huit enfants et qu'elle a fait une fausse couche. Que deux sont décédés après l'accouchement et qu'au moins pour un d'eux, elle l'a appris sans ménagement ( dans le genre: "Vous direz à votre mari d'apporter un cercueil"!!!) Qu'elle a donc élevé cinq enfants, loin de l'abondance mais loin aussi de la misère puisque débrouillarde, travaillante et aimante. Qu'elle les a aidé ensuite avec ses sept petits-enfants. Qu'elle a aimé et accompagné mon parrain jusqu'en 1998, dans les bons jours comme dans les plus durs ( un ACV avait pas mal "diminué" son époux).

Pour les femmes de son époque, ça allait de soi de s'occuper de la famille et de l'époux, qu'on aime ou non ce dernier. Alors en quoi ma marraine diffère du lot? Je ne dirai pas qu'elle était la seule en son genre. Mais pour moi, elle est un modèle. Parce que même avec toutes les épreuves qu'elle a traversé, jamais je ne l'ai vue aigrie. Jamais je ne l'ai vue victimiser. Jamais non plus, je l'ai vu porter ses difficultés et sacrifices comme un porte-étendandart visant à ce que l'on salue son courage et ses réalisations. Jamais je ne l'ai entendu se plaindre, se comparer, soupirer, critiquer les autres, se poser en martyre etc. Jamais non plus, je n'ai entendu une quelconque médisance sortir de sa bouche. Elle faisait son affaire, le faisait de son mieux et ne se mêlait pas de la vie d'autrui.

Quand je vivais une épreuve, jamais elle ne s'est apitoyée sur mon sort mais jamais elle ne m'a fait sentir que je n'avais pas le droit de trouver ça dur. Jamais elle ne m'a sorti de phrases toutes faites ou de conseils à deux balles. Jamais elle ne m'a fait sentir cheap d'être qui je suis, en me parlant de ce qu'elle avait vécu de pire et du fait qu'elle ne s'était pas laissé abattre, elle. Elle me faisait plutôt sentir que j'avais en moi ce qu'il fallait et qu'elle avait confiance en moi. Même si, par mon vécu, j'aurais pu heurter dix fois plutôt qu'une ses valeurs, je ne me suis jamais sentie jugée par elle. Et quand je lui partageais mes espoirs, mes bonheurs, je recevais en feed back un enthousiasme encourageant et inspirant.

Je ne la vois pas souvent. Je ne lui téléphone pas souvent. Mais je crois que je devrais le faire pour lui dire à quel point, même de loin, elle est une inspiration pour moi. Car je ne pense pas qu'elle en soit consciente.

Quand j'ai perdu mes bébés à quoi, trois mois de grossesse, j'ai eu très très mal. Mais j'ai pensé à elle, qui par deux fois était passé par des accouchements sans dénouements heureux, à une époque dépourvue de soutient psychologique professionnel etc et je me suis dis que je devais me prendre en main. Quand je me sens dépassée avec mes enfants, je pense à elle qui n'avait pas tout le luxe que moi j'ai et qui a su tenir le fort pour mener cinq bébés à l'âge adulte dans un cercle qui me semble très uni et équilibré et je m'encourage. Quand je suis fatiguée d'être fatiguée, je pense à elle qui vient de repeindre ses cadrages et moulures ( une chance qu'elle a embauché un pro pour le reste sinon je la soupçonnerais de dopage loll!) après avoir vidé ses bibliothèques etc toute seule, qui tond son gazon ou déblaie sa cour l'hiver et je me dis "Aïe déguédine!"

Que veux-tu, elle m'épate. Oui, par sa forme physique et ses réalisations. Mais encore bien plus parce que tout ce qu'elle traverse, tout ce qu'elle réalise, elle le fait sans armertume, sans besoin de reconnaissance, sans faire étalage de ses bobos, sans colère etc. Pour moi, cette femme d'exeption se résume en un mot: foi.

Pas la foi qu'on propose dans les églises, même si je sais qu'elle est pratiquante. La foi qui se vit sincèrement, intérieurement et qui ne porte pas nécessairement l'étiquette d'un quelconque dogme. Plutôt que catholique, elle aurait pu naître boudhiste, Jéhovah...Krishna... Je pense qu'elle aurait toujours été aussi forte, droite, souriante et bien mise, positive et résiliente. Que son sens de l'humour aurait été le même et son rire, aussi clair. Sans parler de cette étincelle qui vit sans ses yeux...

Quand j'étais petite, ma marraine était pour moi spéciale. Elle m'offrait des cadeaux qui ne coûtaient sûrement pas la peau des fesses ( avec cinq enfants je la vois mal m'innonder de campeurs de Barbie!) mais qui avait toujours ce côté recherché, original, qui me faisait penser qu'ils avaient vraiment étés choisis pour MOI. Que je valais la peine qu'elle prévoit en fonction de MOI. Quand les cadeaux ont cessé à mes 18 ans, les cartes, comme je te disais, sont rentrées annuellement, peu importe ma nouvelle adresse ( j'ai déménagé souvent!). À notre ère qui fait que c'est beaucoup plus simple d'envoyer un e-mail, le fait qu'elle prenne le temps pour ça, s'excusant presque parfois que ça fasse vieillot, me touche énormément.

Comme je te disais, nous sommes allés la voir il y a deux semaines. Dans sa maison impeccable même si l'ouvrier avait terminé la peinture seulement quelque jours auparavant. Dans sa belle jupe, sa belle blouse, souriante et accueillante. Toi qui ne fait pas confiance à tout le monde rapidement, tu es allée vers elle avec naturel, souriante. Tu as foutu son plat de bonbons par terre, tu as décroché un rideau, une lame de store... Ma marraine a souri. Comme plusieurs, elle a souligné ta beauté, ta blondeur. Mais pas comme tous les autres, elle a eu le doigté de parler également de la beauté de ta brunette de soeur. Et elle m'a répété à quel point elle était contente de vous voir en santé, grouillantes, pleines de vie. Elle connait en effet la valeur de tout ça, avec une petite fille qui a la paralysie cérébrale. Une petite fille qui est aimée et qui a été superbement accompagnée par sa mère, ma cousine. Une cousine qui a sûrement hérité de beaucoup de sa mère... Est-ce que ma marraine se doute à quel point, "seulement" en étant qui elle est, elle a positivement influencé ses enfants qui à leur tour, influencent les leurs?

J'aimerais avoir ce même genre d'influence sur vous... Mais pour ce faire, je pense que je dois encore m'inspirer de ma marraine adorée. Ça peut parraitre niaiseux, mais lors de notre visite elle m'a parlé d'un de ses fils qui a pleuré pendant trois mois au début de l'école maternelle. Après trois moi, l'enseignante a téléphoné pour expliquer la situation. De nos jours, l'enseignante appellerait avant, mais la mère paniquerait aussi! Ma marraine, elle ne s'est pas garoché chez les psys, elle ne s'est pas tapé 18 rencontres à l'école et ne semble pas s'être questionné pendant 14 nuits blanches. Elle a dit à mon cousin "Si tu veux devenir un ignorant, reste ici. Si tu ne veux pas, va à l'école et cesse de pleurer" ( quelque chose du genre). Dans le fond, elle a enseigné le libre-arbitre à un enfant de cinq ans en une phrase...

Résultat? Mon cousin a cessé de pleurer à l'école, il s'est mêlé aux autres. Et non, il n'est pas junkie, pas psychosé et la dernière fois que je l'a vu, il avait l'air très équilibré.

Donc en plus de la résilience, de l'humour, de la patience etc, j'ajoute à ma liste d'inspirations de marraine le ... le... comment nommer? Le fait de ne pas couper les cheveuz en quatre? bah dans le fond, ça revient à ce mot de trois lettres: FOI.

La foi en la vie. L'amour de la vie. La foi en l'humain. L'amour de l'humain.

J'aurais peut-être du suivre cette exemple plus tôt dans ma vie. Mais il n'est jamais trop tard pour suivre sa marraine;) Ma puce, je t'apprends que puisque tu es la quatrième, tu risques d'avoir une mère plus zen que Frérot et Soeur Aînée. Pas autant que ma marraine, mais sur ses traces ;)

vendredi 16 octobre 2009

Je ne me ferai pas que des amis avec ce billet


Ma puce, ce soir ta mère va aborder un sujet sensible. Mais tant pis, j'ai envie d'aller là...
Remarque que pour moi, ce n'est pas si sensible que ça, mais ce n'est pas le cas pour tout le monde...
J'espère au moins savoir choisir mes mots pour qu'on n'ait pas tendance à juste me cataloguer de féministe frustrée. Car je ne suis pas frustrée :)

Mais entrons dans le vif du sujet.

Depuis un bon moment, j'ai l'impression que c'est à la mode de plaindre les pauvres petits hommes québécois. Et ce, qu'on soit un homme ou une femme.

Il suffit de regarder les courriers du coeur par exemple, pour voir un bon nombre d'hommes de plaindre des femmes en général ou plus spécifiquement, de leurs ex-femmes. Et pour y voir des femmes se plaindre du comportement des femmes auprès des hommes ou accuser l'ex de leur conjoint de tous les crimes possibles.

L'ex femme est en effet une protagoniste de choix pour qui veut écrire une histoire d'horreur. À lire les lettres parues dans les journaux, celles qui ne lavent pas complètement le brave homme travailleur avec une pension alimentaire démesurée ( tout en gardant la maison etc) seraient une infime minorité. Bien sur, toutes les femmes ayant une pension ne l'utiliseraient pas pour leurs enfants mais pour s'adonner à de multiples vices ( alcool, voyages, shopping...) et pour en profiter pour ne jamais aller sur le marcher du travail. Évidemment, ces mêmes femmes entretiendraient un fort conflit de loyauté chez leurs enfants, quand elles n'empêcheraient pas carrément monsieur de voir ses petits.

Or, je suis une ex. Je connais et j'ai connu plein d'ex. J'ai travaillé dans le communautaire, un bon endroit pour rencontrer plusieurs monoparentales... Des frustrées qui utilisaient la pension pour se venger, honnêtement j'en ai connu deux. Une ancienne belle-mère trompée qui, dans les années 70 ( soit avant la table de calcul des pensions ), en a profité pour recevoir un max de son mari aisé. Ceci dit, quand ses enfants on voulu vivre avec papa, elle ne s'est pas objecté et n'a pas gardé de pension. L'autre femme, récemment séparée d'un gars aussi aisé qui l'avait trompée avec une jeunette avait l'intention de tirer le maximum ( dans les années 90). Mais je ne sais pas si elle l'a fait. Face à ses deux femmes, j'en ai connu des vingtaines et des vingtaines qui soit ne recevaient aucune pension (ex travaillant au noir, ex se mettant sur le BS en disant clairement que c'était pour ne pas payer de pension, ex violent qui menaçait de lourds sévices si une demande était faite etc). Et j'en ai connu quelques dizaines qui recevaient une pension, parfois négociée à l'amiable, parfois établie en cour, mais qui ne faisaient pas la guerre au père ( comme j'ai connu des pères qui donnaient les pensions sans pleurer). J'en ai même connu qui payaient des pensions à l'homme ( et oui, quoi qu'en disent certains, les tables de calcul de pension, ça va dans les deux sens).

On dit souvent aussi qu'en cas de séparation, les juges sont toujours "du bord de la mère". J'avoue que je suis lasse d'entendre ça depuis vingt ans... Parmi les pères que j'ai connu qui avaient demandé la garde de leurs enfants, tous l'avaient obtenue ( euh à part mon ex c'est vrai). Ceux que j'ai entendu le plus dire "Le juge est toujours du bord de la mère", c'était des gars qui n'avaient même pas ESSAYÉ de demander... Mais je ne veux pas généraliser ma chérie. Je sais que l'administration de la justice, ce n'est pas toujours juste. Que certains pères se font sûrement flouer. Mais est-ce qu'on parle des MÈRES qui se font aussi flouer? Rarement... ou jamais. Pourtant, il y a en pas mal!

On pourra me dire que je n'ai qu'à lire les statistiques. À une certaines époque ( vers 1995 je crois), on disait que 85% des familles mono étaient dirigées par les mères. Or, à la même époque, 15% des pères demandaient la garde de leurs enfants... Je suis poche en maths mais 100% - 85%... ça doit faire pas mal proche de 15% non? En 2003, ou dans ces eaux là, 76% des familles mono étaient dirigées par des mères ( je ne sais pas combien de pères demandaient la garde, mais sûrement plus...). Et dernièrement, on disait à la télé que la garde partagée chez les couples divorcés étaient choisies dans environ 35% des cas ( pas de données pour les couples en union libre). Remarque que je n'aime pas trop les statistiques. On peut leur faire dire ce qu'on veut et plusieurs enquêtes se contredisent. C'est comme la criminalité. On peut dire qu'elle baisse ou monte, ça ne démontre pas grand chose. Ça dit juste que moins de gens se sont plainds ou que moins de gens se sont fait "pogner". C'est comme pour le suicide...

Qu'est-ce que le suicide vient faire dans mon propos? Ben pour étayer à quel point les hommes québécois font pitié, on sort souvent les statistiques sur le suicide... Loin de moi l'idée de banaliser le fait de se donner la mort, ni de minimiser la détresse de ceux et celles qui passent à l'acte. Ce que je veux dire, c'est que c'est facile de dire que l'homo-québécus fait plus de dépression en 2000 qu'en 1950 et qu'il se donne plus souvent la mort ( à cause de notre sytème matriarco-castrateur issu de la libération de la femme). Quelqu'un peut me dire qui tenait les statistiques sur le suicide en 1950? Époque dominée par la religion catholique qui promettait l'enfer à qui se donnait la mort? Qu'on ne vienne pas me dire que les accidents de chasse, de canot, de tracteur, de grange etc étaient tous des accidents. C'est comme l'infanticide et la pédophilie; c'est pas né en 2000 ces choses-là. On en parle plus, point final. C'est vrai toutefois que les hommes se "ratent" moins souvent que les femmes, qu'ils utilisent des moyens plus "rapides" et "destructeurs" ( armes à feu contre ingestions de pilules, par exemple). Mais est-ce que pendant la période de crise ( qui dure de 24 à 72 heures et pendant laquelle le risque de passage à l'acte est plus élevé) les hommes ont plus mal que les femmes? Je l'ignore.

En tout cas... Donc selon moi, la mode est à venir à la défense des hommes bafoués, floués, fraudés, violentés, humiliés, incompris etc.

La femme québécoise fait peur aux hommes, qui n'osent plus la draguer. La mère québécoise élève mal son fils si le père est absent. L'enseignante québécoise enseigne moins bien aux élèves masculins. Le baby boomer québécois est perdu devant son épouse qui s'est émancipé ( et il est perdu depuis un maudit boutt faut croire que c'est long s'en remettre). L'homme québécois est mal représenté dans les téléséries ou les pubs ( euh l'homme québécois blanc hétéro selon les experts). L'ex québécois est évidemment toujours privé de la présence de ses enfants ( ce n'est JAMAIS lui qui se pousse... C'est pourquoi j'ai déjà entendu des pères dire qu'un droit de visite, ce n'était pas une obligation - pour expliquer leur absence les week end convenus-).

Moi je me demande juste... Se pourrait-il que l'homme québécois soit un tit peu responsable de sa personne, de son vécu, de son état, de ses choix??? Se pourrait-il que ce soit normal de ne pas donner automatiquement la garde partagée à un père qui, en médiation, dit la vouloir pour avoir "son 50% des biens -les enfants étant pour lui des biens-. Ou qui la demande après deux ans de presque totale absence (il fallait bien qu'il se vire de bord " le pauvre). À ce sujet, j'ai déjà lu aussi que la majorité ( pas TOUS ne me lancez pas de roches!) des pères séparés prendrait deux ans à se rendre compte qu'il sont encore des pères et à revenir "vraiment" vers leurs enfants et prendre aussi leurs responsabilités paternelles. Se pourrait-il aussi que se soit normal d'avoir peur de laisser les enfants à un père qui a "crissé une volée" à la mère devant eux? Ou encore, se pourrait-il que la garde partagée ne soit pas indiquée quand les parents vivent à deux heures de route l'un de l'autre?

Se pourrait-ils aussi qu'on nous montre les hommes heureux de leur vie, de leur couple, famille, travail etc de temps en temps? Parce que ça existe! Ce n'est pas si rare!

Sur une note plus légère, pourrait-on se permettre de dire que nos hommes sont quand-même "avantagés" dans certaines ( même plusieurs) circonstances?

Comme lorsqu'ils sont pères ou simplement conjoints... Dans genre 98% des cas, les hommes sont en position d'en faire plus que leurs pères avant eux. Si un gars fait la vaisselle tous les soirs, c'est un exploit. S'il la fait SEUL tous les soirs, il est proche de rafler un prix Nobel.
Il change quelques couches par semaine? On l'applaudie!
Il se lève la nuit? Gandhi et Mère Thérèsa ne sont rien à côté de son esprit de sacrifice!
Il pousse simplement une poussette par un bel après-midi? Oh que c'est touchant! Quel bon papa!
Vire ça de bord maintenant. Trouve-moi des gens pour féliciter les filles de faire les mêmes choses...
Et la liste est longue tu sais.. Faire la bouffe, aller aux rencontres scolaires ou chez le pédiatre. Manquer une journée de travail parce que Junior est malade. Donner les bains, faire des tresses, faire le lavage, prendre les rendez-vous pour les vaccins ( en y ayant pensé tout seul c'est un triple wow!) etc.
Tandis qu'une fille, pour "accotter" sa mère... La pente est plus ardue pour la plupart d'entre nous. Être là le matin, le midi et au retour de l'école. Faire des tartes, confectionner des costumes d'Halloween, accompagner lors des sorties scolaires, repriser les vêtements, repasser des tonnes de paniers de linge, donner de la soupe au poulet maison à la petite dernière malade... Le tout évidemment dans une maison en ordre "pour vrai",,,
Sérieux, il y a des inconvénients à être un homme... Mais il y a des maudits bons avantages aussi je trouve!
Les gens entre chez un couple et ça pue ou c'est en bordel? Ils ne diront pas que l'homme est désordonné, paresseux ou même cochon. Ils se diront que c'est sa femme qui l'est.
Ils entrent chez un couple dont la femme est partie pour une semaine pour le boulot ou mon Dieu en VACANCES! et c'est le bordel? Ils plaindront le pauvre homme qui doit faire fonctionner la maisonnée tout seul. Ils le plaindront doublement s'il y a des enfants dans le portrait.
Monsieur doit faire plein d'overtime? Faut le comprendre pauvre lui. Madame fait beaucoup d'overtime? Elle ne s'occupe pas de ses enfants, sacrilège!
Même dans les séparation, on a plus tendance à s'inquiéter de l'homme. Et à le comprendre s'il retourne vite en couple. D'ailleurs, les hommes avec enfants semblent parvenir à se matcher souvent plus rapidement que les femmes avec enfants non?
Et quand un homme se met en couple avec une mono, il me semble qu'on a tendance à l'encencer pas mal plus que lorsque c'est une fille qui devient belle-mère... S'il s'occupe des enfants "pas bios" ah ben là! C'est le paradis assuré! Pourtant, j'ai vu beaucoup de belle-mères s'investir à fond Léon pour le conjoint divorcé et ses enfants... J'en ai vu payer des montant astronomiques d'avocat, prendre congé à la place du père bio quand bébé était malade, magasiner les vêtements des enfants, faire tous les repas, donner les bain, se lever la nuit, chercher des trucs pour l'éducation, la gestion de conflits, les petites et grandes maladies...

Y'a aussi les attitudes et émotions, qui ne reçoivent pas les mêmes feed back qu'on soit un homme ou une femme... Un homme lève le ton? Il a de l'autorité, des responsabilités ou il a simplement le droit d'en avoir marre. Une femme lève le ton? Elle est hystérique ou en SPM. Une femme oublie le lunch des enfants un matin, habille son bébé avec du linge dépareillé ou néglige de prendre un rendez-vous chez l'ophtalmo et elle est négligeante. Un homme fait de même, il est lunatique. Certains iront même jusqu'à excuser l'infidélité masculine et pas la féminine; c'est dans la nature des hommes de penser avec leur q... dit-on. Pas de leur faute!

Je pourrais te sortir encore plein d'exemples plus ou moins sérieux et vérifiés. Mais pour moi, un des plus grands avantages à être un homme, c'est de ne pas se sentir coupable le 3/4 du temps pour tout et rien... Un homme, si ça a envie de faire une sieste, ça roupillera sur ses deux oreilles. Une femme, ça se demandera pendant 2 heures si ça peut se permettre de le faire et si tout le monde sera ok en son "absence" et si ça se couche, ça dormira moins bien... Un homme, ça se réveillera rarement en pleine nuit pour se demander si telle phrase lancée avec impatience à son fils six heures plus tôt traumatisera ce dernier jusqu'à ses 50 ans et par la suite, calculer combien pourrait revenir un psy. En fait, un homme ne se souviendra même pas des phrases lancées trois minutes plus tôt...

Bref ma puce, sache que je n'ai rien contre les hommes et que je les aime bien;) C'est juste que je ne pense pas que les plaindre à tous vents saurait les aider. C'est juste aussi que je me dis qu'ils ont eux aussi deux bras, deux jambes et un cerveau (on ne se lancera pas dans les exeptions d'unijambistes écervelés stp). Ils sont donc autant capables de se mobiliser, de s'entraider, de s'associer pour régler leurs problèmes ( et non je ne me lancerai pas dans les théories que les hommes ça n'expriment pas leurs émotions et que ça a peur de chercher de l'aide... C'est peut-être pas leurs premiers talents, mais ils sont capables d'apprendre.)

Je ne dis pas non plus que les femmes ne peuvent pas les aider. Tout le monde peut s'entraider. Mais est-ce vraiment en écrivant au courrier de Louise, de Muguette ou de Gérard que les femmes peuvent aider leurs chéris et les autres? Dans ce billet, j'ai véhiculé quelques préjugés, je le sais. Mais pas plus que ceux qui sont véhiculés dans les médias ou dans les discussion Web ou de salon...

Peut-être que lorsque tu seras en âge de lire ce blogue, tu riras de toutes les "énormités" que j'ai écrites. Peut-être que dans ton avenir, ces propos seront totalement éculés. Je le souhaite! Je souhaite que l'ère de la victimisation, des comparaisons, des préjugés sexistes etc soit dépassée.

Si ça arrive, je me demande bien ce que tu liras dans les courriers du coeur... Peut-être y aura-t-il encore quelques hommes révoltés de ne pas pouvoir porter la jupe en publique? ( Sérieux, j'en lis régulièrement dans le journal...) Ou peut-être que justement, la majorité des hommes la porteront... Et demanderont des conseils d'épilation?